Le secret du choix de la péninsule arabique comme le berceau de l'Islam
(paix et prière sur lui)Le secret du choix de la péninsule arabique comme le berceau de l'Islam
Par le Dr. Mohammad S. R. Al-Bouti
= Prière et salut sur luiIl est nécessaire, avant de parler de la biographie du Prophète
et de la péninsule arabique, son pays d'origine, de dégager le sens du choix de Dieu, qui fit de ce lieu du monde le berceau de l'Islam, et de la nation arabe ses premiers adeptes et promoteurs.Il nous faudrait pour cela connaître d'une part les traits caractéristiques des Arabes avant l'Islam, et nous constituer une idée nette de la région où ils vivaient et de la situation par rapport à ce qui l'entourait; et d'une autre part renseigner sur les habitudes et les caractéristiques des civilisations des peuples contemporains des Arabes avant l'Islam, tels que les perses, les Byzantins, les Grecs et les hindous.
Nous ferons d'abord un bref exposé sur l'état des nations voisins de la péninsule arabique avant l'Islam.
Deux nations se partageaient le monde civilisé : la Perse et la Byzance. La Grèce et l'inde venaient derrière ces deux nations en matière d'influence.
La Perse était le terrain d'affrontement de différentes doctrines religieuses et philosophiques; les gouvernants étaient des adeptes du Zarathoustra, dont l'une de ses recommandations était de donner la préférence au mariage de l'homme avec sa mère, sa fille ou sa soeur : Yazdgard II, qui régna au milieu du 5ème siècle après J.C. épousa sa propre fille; sans compter les perversions de tous genres que nous nous dispensons de décrire.
Le mazdéisme prônait, ainsi que l'affirme l'imam Ach-chahrastani, la mise en commun des femmes et des biens, de la même façon que l'eau, la nourriture et le feu dont tout le monde profite; cette doctrine connut un grand succès auprès des dépravés.
Quant à Byzance, elle se distinguait par un esprit colonisateur, elle était en outre en mésentente sur le plan religieux avec les chrétiens du Cham et d'Egypte. La force militaire dont elle disposait et ses ambitions expansives la poussaient à utiliser le christianisme comme un instrument d'expansion. Cette nation n'était pas moins décadente que la nation perse. Il y régnait une vie de débauche et de déchéance et une gêne économique due à un abus d'impôts.
La Grèce était noyée dans ses légendes verbeuses dont elle ne tirait guère profit.
L'Inde était telle qu'Abou-Al-Hassan Al_Badawi la décrivit. Ainsi, les historiens s'accordent à considérer cette période du début du XVI siècle après J.C. comme la plus décadente sur les plans religieux, moral et social. L'Inde contribua aux côtés des pays voisins à la dépravation générale des moeurs.
Le sort commun de ces différentes nations qui souffrirent du même relâchement dans les moeurs et de la même misère, a son origine dans une civilisation basée sur des valeurs uniquement matérielles, sans aucun recours à un idéal qui oriente cette civilisation et la soutienne. La civilisation en elle-même, à travers ses différents facteurs et sous ses divers aspects n'est qu'un instrument au service de l'homme; elle n'est pas une fin en soi. Si cet instrument n'est pas utilisé en vue d'une fin supérieure, il se transforme en une arme de destruction et de souffrance. La Révélation et la religion seules sont capables d'éclairer l'homme et de le soutenir pour faire de cet instrument un moyen d'épanouissement et de bonheur.
La péninsule arabique était calme; loin de ces troubles, ses habitants n'avaient pas atteint le confort et le luxe des Perses, qui leur auraient permis d'inventer toutes sortes de moyens de dépravation et de revêtir les actions viles et décadentes du vernis de la religion. Ils ne possédaient pas la force militaire des Romains pour pouvoir étendre leur domination aux régions voisines; ils n'avaient guère l'imagination et la philosophie des Grecs pour devenir la proie des légendes et des fictions.
Leur caractère était encore à l'état brut, reflétant sans aucun artifice ni détour une nature saine et un fort penchant vers le Bien, sous ses différents aspects : la fidélité, la générosité, la fierté, la chasteté, la charité.
Mais ces qualités ancestrales étaient ancrées en eux, tels des instincts rigides; il leur manquait le recul de la réflexion et de la connaissance qui leur ouvrît la voie vers le Bien. Les Arabes vivaient dans l'ignorance et ne se référaient qu'à leurs instincts et leurs habitudes; il leur arrivait souvent de se tromper et de prendre pour le Bien ce qui est une faute grave : de tuer par exemple des enfants en prenant pour mobile la sauvegarde de l'honneur, de gaspiller les biens sous le couvert de la générosité et d'envenimer les querelles entre les tribus sous les apparences de l'héroïsme et de la fierté.
Dieu définit cet état par l'égarement en disant : "...alors que vous étiez auparavant, au nombre des égarés" (La vache, verset 198)
L'égarement attribué aux autres nations signifie la perdition, la ruine morale. Par contre, Dieu utilise le mot «égaré» en parlant des Arabes pour les disculper, et leur pardonner leurs erreurs, car ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient ; alors que les autres nations accomplissaient le mal consciemment, par préméditation, ayant à leur portée tous les instruments dépravateurs d'une civilisation décadente.
Ces nations entouraient la péninsule arabique de tous côtés, du point de vue de sa situation géographique. Celui qui l'observe aujourd'hui remarque, comme le souligne MOhammed Al Moubarak, qu'elle sépare deux grandes civilisations : la civilisation occidentale matérialiste qui présente de l'homme une image incomplète et éloignée de la réalité, et la civilisation spiritualiste, se mouvant dans l'imaginaire, des pays de l'Extrême Orient tels la Chine, l'Inde...
Si nous considérons l'état des Arabes dans leur péninsule avant l'Islam, et l'état des différentes nations voisines, nous comprendrons facilement le choix que fit Dieu dans Sa sagesse de la péninsule arabique comme lieu de naissance du Prophète
et base de sa mission, et le choix des Arabes comme les premiers hommes qui portèrent au monde le flambeau de l'Islam; religion à laquelle adhèrent des hommes de la terre entière.Certains pensent que Dieu fit ce choix parce qu'Il est difficile de mettre sur le droit chemin des gens ayant déjà une religion et une civilisation quoique décadentes à la quelle ils s'accrochent, la prenant pour leur idéal, alors que ceux qui ne se sont pas constitué un patrimoine culturel, ne nient pas leur ignorance et se montrent plus réceptifs. Raisonner de la sorte, c'est amener Dieu, à faire un choix entre ce qui est facile et ce qui est difficile, Lui dont ka puissance est infinie ! Ce raisonnement s'applique à l'homme dont les capacités sont limitées et qui choisit la voie facile, et non à Dieu. Si Dieu devait faire de la Perse, de Byzance ou de l'Inde le berceau de l'Islam, il aurait agi en conséquence, Lui, le Créateur de toutes choses.
Dieu a voulu que la péninsule arabique soit le berceau de l'Islam pour la même raison qui fit que le Prophète
ne sût ni lire, ni écrire, afin d'amener les hommes à croire à la réalité des Révélations et à ne pas douter de l'authenticité de la mission de Mohammed
. Dieu voulut que la mission du Prophète
s'enracinât dans un milieu où sévissait l'ignorance et l'analphabétisme et où l'on ne voyait nulle trace des civilisations avoisinantes et de leurs idéologies incohérentes, car les musulmans pourraient douter de l'authenticité des révélations divine si le Prophète
connaissait les Livres anciens, l'histoire des nations disparues et les civilisations des régions environnantes, ou si le berceau de la mission du Prophète était une nation jouissant d'un bon patrimoine culturel et historique à l'instar de la Perse, la Grèce et Byzance. En effet, dans ces deux cas, on pourrait considérer la législation parfaite parue dans le Coran comme étant le produit de ces diverses expériences, et nier sa révélation par Dieu.On lit à ce propos dans le Coran : «Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu'Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite. Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu'ils fussent auparavant dans un égarement évident."(Coran : La famille d'Imran, verset 164), et "C'est Lui qui a envoyé aux infidèles un Prophète pris parmi eux qui leur communique ses versets, qui les purifie, qui leur enseigne le Livre et la Sagesse, ils se trouvaient auparavant dans un égarement manifeste» (Coran : Le vendredi , verset 2).
Dieu voulait donc que Son Prophète ne sût ni lire, ni écrire et que la nation où sa mission s'accomplit présentait un très grand nombre d'analphabètes afin que l'on considèrât la législation islamique comme tenant du miracle et n'ayant aucun rapport avec les idéologies des pays voisins, ce qui prouve en même temps la grande bonté du Dieu qui voulut aussi épargner aux croyants l'épreuve du doute.
Quelques remarques utiles à tout chercheur :
1- Dieu fit construire dans ce lieu le temple sacré dans cette vallée sacrée où les gens se réunissent dans la sécurité et où ils prient et se livrent à leurs rites religieux. exauçant ainsi l'invocation d'Abraham
, le père des Prophètes. Il devait aussi devenir le berceau de la mission du dernier Prophèteet son lieu de naissance, il n'en pouvait être autrement car Mohammad
est de la lugnée d'Ibrahim
.2- La situation géographique de la péninsule arabique au milieu des nations avoisinantes la rendait apte à devenir le théâtre de cette mission.
En effet, la situation géographique de la péninsule arabique a permis à l'Islam de s.étendre facilement à toutes les nations voisines. La propagation rapide de l'Islam dès le début de l'ère islamique et sous les califs El Rachidine (les bien dirigés) en constitue une éclatante preuve.
3- Dieu, dans Sa sagesse a voulu que la langue arabe fût celle da la mission du Prophète
; les paroles de Dieu furent transmises directement à l'homme en arabe sans passer auparavent par aucune autre langue. Si nous comparons la langue arabe à d'autres langues, nous remarquons qu'elle s'en distingue par des particularités qui la rendent plus apte à devenir la prmière langue des musulmans.Dr. Mohammad S. R. Al-Bouti - Traduit par : Z. Diab - Revu par Fawzi Chaaban
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